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Chronique n°58 : Le Chant du Rossignol (Kristin Hannah)

– Ils ont instauré une nouvelle loi, dit-elle enfin. Nous devons porter ça.

Lentement, elle ouvrit sa main gauche pour révéler des morceaux de tissu jaune froissés qui avaient été découpés en forme d’étoiles. Sur chacun d’eux était inscrit en noir le mot JUIF.


le chant


le chant du rossignolTitre : Le Chant du Rossignol

Auteure : Kristin Hannah

Édition : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 689

Date de publication : 4 octobre 2017

Prix : 8.70€

Résumé : France, 1939. Dans un village de la Loire, Vianne Mauriac fait ses adieux à son mari, qui part au front, et se retrouve seule avec sa fille. Très vite, elle est forcée d’accueillir un officier allemand sous son toit. Elle choisit de protéger sa fille avant tout, quel qu’en soit le prix…
Sa sœur cadette, Isabelle, dix-huit ans, s’installe à Paris le jour de l’entrée des Allemands dans la ville. Impétueuse et pleine d’idéaux, elle s’engage dans la Résistance sous le nom de code « Le Rossignol ».


le chant


Pourquoi avoir lu/acheté ce livre?

J’ai découvert ce livre sur le compte des Chamoureux (insta, blog) en avril je crois, c’est Camille grâce à son article qui m’a donné envie d’en savoir plus sur ce livre. Le résumé m’a beaucoup plu, j’ai donc toute de suite commandé le livre. Et je ne regrette absolument pas de l’avoir fait, ce livre est un gros coup de cœur.

Style de l’auteure

J’ai beaucoup aimé la narration du roman. On ne la remarque pas. C’est comme si on suivait les personnages, comme si on était leur ombre. On mène leur vie, on souffre avec eux, on s’insurge avec eux. J’ai beaucoup aimé. C’est fluide, agréable, et Dieu merci, pour la passionnée que je suis, le livre respecte l’Histoire. On ne divague pas. L’auteure nous montre la réalité à double tranchant, elle nous motre différents points de vues sur cette guerre, essayant de déculpabiliser les personnes qui ont baissé les bras, essayant de montrer que tous les résistants n’étaient pas avides de gloire, que tous les Allemands ne rêvaient pas venir à Paris pour faire régner la terreur.. L’auteure humanise chaque personnage, chaque groupe, dans un contexte où l’être humain est trop souvent mis de côté.

Histoire et Personnages

L’histoire débute donc la veille de la Seconde Guerre Mondiale (WW2). On fait doucement connaissance avec les personnages principaux, notamment Isabelle et Vianne. Au début, on comprend bien à quel point une nouvelle guerre, à peine 20 ans après la fin de la première, est inconcevable. Personne n’y croit. Jusqu’au départ au front des hommes. Et encore une fois, personne ne pense que cette guerre s’éternisera. Elle durera quelques semaines, dit-on, voir quelques mois, mais pas plus. C’est seulement lors de la capitulation de la France que les Français comprennent que la guerre est bel et bien réelle, aux portes de leur pays. Tout d’abord, il faut savoir que la WW2 est une période historique, qui, bien qu’elle soi horrible, me fascine. Ce livre partait donc d’un bon pied. Ensuite, étant donc une passionnée d’Histoire, ce sont les faits qui m’intéressent, et notamment leur exactitudes. J’étais donc vraiment super contente de voir que l’auteure avait tout fait pour respecter l’Histoire, et franchement chapeau! Le contexte historique est donc un énorme point positif, car l’auteur montre aussi aux lecteurs une facette peu mise en lumière de cette guerre : la France des Femmes. Le froid, la faim, les tickets de rationnement, les mauvais traitements des nazis, la peur, l’incompréhension. Tout ce dont on ne parle jamais, et qui pourtant, fait parti de la guerre au même titre que les camps.

Les personnages sont complexes, attachants pour certains, détestables pour d’autres. Seulement, l’auteure nous montre que dans cette guerre de l’horreur, tout n’est pas noir ou blanc. On se dit tous qu’à cette époque, on se serait battu contre l’oppression allemande, qu’on serait entré dans la Résistance. C’est faux pour la plupart d’entre nous. Seulement, l’auteur ne rend pas coupables ses personnages. Merci pour ça. Si la Résistance avait été un choix facile, la guerre n’aurait pas commencé. Donc gros point positif pour les personnages, que l’auteure développe de manière égale, donnant des raisons et une vraie humanité à chacun (je parle surtout pour Isabelle et Vianne).

Le dernier point positif : la fin. Réaliste, vraie. Elle sonne juste. L’auteur montre aussi que cette guerre s’est mal finie, pour n’importe lequel des camps. Elle a laissée de lourdes séquelles, impossible à effacer, impossible à surmonter pour d’autres.

Spoiler (surlignez le texte pour lire) : j’étais vraiment triste pour Isabelle. Elle a survécu à tout ça pour mourir du typhus quelque semaines après la Libération. Je pense que c’était nécessaire comme fin, et d’ailleurs, l’auteure lui a quand même donner une fin «  » »heureuse » » » si on peut dire, dans les bras de celui qu’elle a aimé pendant toute cette période d’horreur. La mort d’Isabelle était, bien que triste, nécessaire et naturelle. Il est dingue de s’imaginer qu’elle n’est pas la seule dans ce cas. Sur les quelques milliers de personnes revenues des camps (sur les 11 millions de déportés..), tellement sont mortes quelques semaines, voir quelques mois après.. Cette fin renforce le réalisme du roman, et vraiment c’est un gros gros point positif (même si c’est horrible..).

Note : 20/20


le chant


Les femmes continuent d’avances. Pour nous, ça a été une guerre de l’ombre. Il n’y a pas eu de parade pour nous quand ça s’est fini, ni de médailles ou de mentions dans les livres d’histoire. Nous avons fait ce que nous devions pendant la guerre, et quand elle s’est terminée, nous avons recollé les morceaux et recommencé nos vies.


Que valait l’amour face à la guerre ?


– Rachel est née en Roumanie, expliqua Vianne d’une voix tendue. Voilà, avec le fait d’être juive, quel est son crime. Le gouvernement de Vichy se fiche qu’elle ait vécu vingt-cinq ans en France et qu’elle ait épousé un Français qui s’est battu pour la France.


Si j’ai appris une chose dans cette longue vie qui a été la mienne, c’est ceci : dans l’amour, nous découvrons qui nous voulons être ; dans la guerre, nous découvrons qui nous sommes. Les jeunes d’aujourd’hui veulent tout savoir sur tout. Ils pensent qu’il suffit de parler d’un problème pour le résoudre. Mais je suis issue d’une génération plus sobre. Nous comprenons la valeur de l’oubli, l’attrait de la réinvention.


« Aie peur. » N’est-ce pas ce que Gaëtan lui avait dit ? […]Isabelle n’avait pas très bien saisit sur le coup. Maintenant, elle comprenait. Elle s’était crue indestructible. Mais qu’aurait-elle fait autrement ?

– Rien, dit-elle tout bas dans le noir. Elle l’aurait refait sans hésiter.

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6 commentaires sur “Chronique n°58 : Le Chant du Rossignol (Kristin Hannah)

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