Chronique n°51 : Le Secret du vent (Mélanie De Coster)

Des quatre personnes installées cd jour-là autour de la table, seule Malène remarqua que la soupe servie était chaude, alors qu’à aucun moment, Gwenaëlle n’avait allumé de feu sous la casserole.


le s du vent


le secret du ventTitre : Le Secret du Vent

Auteure : Mélanie de Coster

Édition : BoD

Nombre de pages : 192

Date de publication : 20 octobre 2017

Prix : 9.50€

Résumé : Comment survivre sur une petite île de Bretagne quand on est une sorcière ? En refusant d’accepter ses pouvoirs. C’est le choix que Gwenaëlle a fait des années plus tôt. Mais le vent souffle, les légendes se réveillent… Et le passé de Gwenaëlle et de celles qui l’ont précédée la rattrape. Alors que les éléments se déchaînent et que les événements se précipitent, comment assumera-t-elle son héritage ?


le s du vent


Pourquoi avoir lu/acheté ce livre?

Tout d’abord, je remercie vivement l’auteure, Mélanie De Coster pour l’envoi de son roman. Elle m’a cernée, c’est exactement le type de lecture que j’aime. Dans le passé, sur une vielle île bretonne où les légendes et les superstitions sont encore d’actualité. Un décor très prometteur qui ne m’a pas déçue, ce livre est un coup de cœur.

Style d’écriture

C’est un des premiers points que je voulais aborder. La rapidité avec laquelle j’ai lu ce livre. Les pages glisses toutes seules, et on arrive à la fin sans savoir comment on a pu en arriver là. Le roman est assez court, mais même en prenant en compte ce fait, il se lit quand même très rapidement. On est transporté sur cette petite île glaciale malmenée par les vents. Le style a été un réel plaisir, et je pense vraiment lire d’autres livres de l’auteure.

Histoire et personnages

L’histoire se déroule donc comme je le disais sur une minuscule île bretonne, l’île de Sein, Seidhun à l’époque. Sur cette île les superstitions et légendes sont vivantes, les habitants les craignent et y croient dur comme fer. Les sorcières y ont une place particulièrement ingrate, et toute personne présentant quelque particularité (et surtout les femmes) est tout de suite soupçonnée d’être une sorcière. Il est donc difficile pour Gwen d’échapper à ces soupçons, d’autant que dans son cas, ils sont plus que fondés. En effet, elle possède des aptitudes particulières, et si les villageois sont très contents de venir la trouver pour soigner leurs maux, ils ne la considèrent tout de même pas avec bienveillance et l’accusent de tous ce qui peut leur arriver de mal.

Cette exclusion s’intensifie à la suite d’un accident au prés des Sorcières. En effet, un groupe d’enfants a voulu s’amuser à jouer sur les vieilles tombes ancestrales, a voulu les abîmer et les démonter. Malgré les avertissements de la petite Gwenaëlle, ils ont commencé à enlever les pierres. Grossière erreur, le cairn s’est effondré, blessant très gravement Julie et Maël. Un autre petit garçon va chercher les secours pendant que Gwen s’occupe des blessés, et que Bénédicte, la jeune sœur de Julie, reste prostrée en état de choc près des corps. Gwen sait qu’elle ne pourra en sauver qu’un, et son choix cèlera son destin dans ce petit village si étroit.

C’est le retour, des années plus tard, de la victime sauvée par Gwen qui changera à nouveau le cours des choses, et qui réveillera la malédiction. La sorcière ne peut tomber amoureuse, sous peine de mourir dès le lendemain. Gwen le sait, toutes ses ancêtres avant elle sont mortes pour l’amour. Une lettre de son père et des découvertes à propos de la jeune Lisette changeront à nouveau le cours des choses.

Gwen est une jeune femme attachante, qui ne cherche qu’à veiller sur l’île et protéger ses habitants. Elle est pleine de savoirs, de ressources, et de compassion. C’est un personnage mystérieux et attachant, et j’avoue qu’un second tome pour mieux la découvrir ne serait pas de refus. Quant à la victime du cairn, je l’ai beaucoup aimée également. Attachante, gentille, pleine d’amour, elle est le renouveau de cette ville si étriquée. Malène est une petite fille prometteuse et pleine de sagesse, j’ai été très étonnée de la tournure de l’histoire à son propos, c’était brillant de la part de l’auteure, et nécessaire. Quant à Lisette et le reste des villageois, ils sont étroits et ternes, moroses et malveillants. Ajoutez à ça une dose démesurée d’ingratitude et vous voyez le tableau.. J’ai beaucoup aimé Gaspard et Mariette en revanche, ainsi qu’Hélène. Ces personnages sont les seuls à avoir un semblant de bon sens.

EN BREF : J’ai adoré ce roman, tant pour la plume, que le décor ou même les personnages. C’est une histoire pleine de mystères et de surprises,  et vraiment, je lirais un second tome avec plaisir (Mélanie, entendez mon appel!). La découverte de cette île à travers ce roman a été un vrai plaisir pour la bretonne exilée que je suis. Je vous conseille vivement ce livre, bien écrit, bien construit et plein de rebondissements.

Note : 19.5/20

Plume de l’auteure : 5/5

Personnages : 5/5

Scénario : 4.5/5

Ressenti : 5/5


le s du vent


L’homme avançait, à peine conscient du ciel qui grondait, chargé de menace. Il avait rejeté la capuche de son coupe-vent et sa tête dégoulinait. Certaines gouttes étaient plus salées que d’autres et la mer, proche, n’en était pas seule responsable.


Nous sommes nées sur l’île, un jour de pluie et de grand vent. Notre magie nous était aussi naturelle que la parole. Elle était présente dès notre création. Nous étions neuf. Neuf femmes pour peupler un amas rocheux. Puis des hommes sont arrivés sur des bateaux, dangereux esquifs qui défiaient les tempêtes. Ils ne restaient jamais longtemps. Ils venaient à nous pour que nous les secourions, les guérissions, leur prédisions l’avenir. Rassurer ces êtres si imparfaits et si fragiles, telle était notre mission. C’étaient toujours des hommes ; les femmes ne prenaient pas la mer.


La pièce fut plongée dans l’obscurité, toutes lumières éteintes d’un même mouvement. Seules quelques bougies, délimitant un espace inoccupé – la scène –, conservèrent leurs flammes vacillant sous les souffles maîtrisés des spectateurs. Le silence s’était fait, frémissant de patience ; les regards, en prévision du rêve, perçaient le cercle des lumières posées à même le sol, tandis que les respirations, plus respectueuses, n’osaient franchir l’espace ainsi délimité. Sortant de l’obscurité, une jeune fille prit place au milieu de la scène. Elle portait une longue robe blanche et ses cheveux blonds ondoyaient sur ses épaules. Elle fixait le sol en avançant, ne laissait rien deviner de son visage. Elle était une apparition qui conservait son mystère.

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