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Chronique n°50 : Janvier Noir (Alan Parks)

Une nouvelle montée de sang coula sur la joue du gamin et tomba sur la neige fraîche. McCoy resta là à lui tenir la main, à lui dire que ça allait aller, sachant que c’était faux. Il aurait voulu être ailleurs, n’importe où.


janvier noir


janvier noirTitre : Janvier Noir

Auteur : Alan Parks

Édition : Rivages

Nombre de pages : 365

Date de publication : 8 mars 2018

Prix : 22.50€

Résumé : « Le regard du gamin se fixa soudain, comme s’il venait seulement de remarquer sa présence. Son bras pivota dans sa direction, le pistolet se braqua droit sur sa tête. McCoy se figea tandis que le gamin affinait sa visée. Une détonation sèche retentit. Une nuée de moineaux s’envola du toit et la foule paniqua pour de bon. » Dans l’un des secteurs les plus passants de Glasgow, devant la gare routière, un garçon d’à peine vingt ans ouvre le feu sur l’inspecteur McCoy et sur une jeune femme, avant de retourner l’arme contre lui. La scène se déroule sous les yeux de Wattie, l’adjoint de McCoy. Qui est ce mystérieux garçon ? Quel est le mobile de son acte ? C’est ce que les deux policiers vont s’efforcer de découvrir, malgré l’opposition de leurs supérieurs.

Une enquête en forme de déambulation dans une ville âpre, noire, parfois désespérée et pourtant palpitante d’humanité. Une ville qui vous saute à la gorge et ne vous lâche pas.


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Pourquoi avoir lu/acheté ce livre?

Tout d’abord je remercie infiniment les éditions Rivages, et particulièrement Quentin, pour l’envoi de ce livre. C’est mon tout premier policier, et je suis très contente de m’être lancée. Ce livre a été fort en émotions, et j’ai adoré les personnages. Merci encore!

Le style d’écriture

J’ai beaucoup aimé le style d’écriture. Simple, crue, les mots sont choisis avec précision et décrivent à la perfection l’atmosphère lourde de Glasgow. J’ai été contente de retrouvé une narration à la troisième personne, qui me manquait un peu. J’ai beaucoup aimé la description des sentiments et des émotions de McCoy. J’en lirais plus avec plaisir! Les chapitres font une dizaines de pages, ce qui est vraiment bien, surtout si vous êtes dans mon cas en ce moment, à savoir, impossible de lire plusieurs heures d’affilées à cause du manque de temps!

L’histoire et les personnages

L’histoire se déroule dans la ville de Glasgow, en Écosse. La ville est décrite avec justesse, par Alan Parks, qui en est originaire. Il nous montre le côté sombre de cette ville, (pourtant pleine de lumière aux premiers abords), avec ses ruelles sombres et sordides où il vaut mieux ne pas se retrouver la nuit. Il nous montre la boue de la ville, et j’ai beaucoup aimé cette atmosphère.

Les personnages sont tous très intéressants. Complexes pour certains, on apprend à mieux connaître McCoy au fil des pages, il en devient même attachant. C’est un personnage avec lequel j’ai tout de suite accroché. Nommé inspecteur à l’âge de 30 ans, McCoy est un policier alcoolique sur son temps libre, amoureux d’une prostituée toxico, mais néanmoins largement capable de faire son travail. On apprend tout au long du livre d’où il vient, et on comprend que sa place n’était pas gagnée d’avance. Une autre chose que j’ai aimé : pas d’épanchements dramatiques. Merci Alan Parks, c’est un vrai soulagement! J’ai adoré Wattie également, qui fait preuve d’un sang froid incroyable quand on voit à quel moment il choisit de faire son entrée dans la police de la ville. Au fil des pages, nous voyageons dans la ville avec eux, découvrant, bien souvent en même temps que ce pauvre Wattie, comment naviguer entre le crime, les indics et pubs sordides. Cooper est particulier. Je n’ai pas aimé ce personnage. J’étais étonnée de découvrir « Bobby » en revanhce, je ne m’attendais pas à ce que ce soit un type comme ça. Vraiment, sur la plupart de ses personnages, l’auteur a su me surprendre, soit en les rendant complexes, soit en les faisant complètement « déraillés », soit même en les rendant juste beaucoup plus simples que ce que j’ai pu croire.

L’histoire en elle même est super bien ficelée. Des éléments se lient tout au long du livre, on ne sait plus où donner de la tête, j’ai adoré. J’étais parfois un peu perdue à cause de mon cerveau, car je retiens mal les noms, donc c’est vrai que quand on ne voyait pas un personnages pendant 60 pages, parfois j’avais un peu de mal à le replacer (comme Susan, Iris ou même Billy, pareil pour « Cody »). Heureusement, l’auteur plaçait toujours un élément qui permettait de retrouver assez vite d’où sortait le personnage (merci pour la référence de la thèse pour Susan!).

EN BREF : La lecture de mon premier policier a été un vrai plaisir. J’ai été très contente de commencé par un livre qui correspond tellement à ce que j’aime. L’histoire est passionnante, enivrante, impossible de lâcher le bouquin. Les personnages sont très intéressants, voir même attachants, l’atmosphère est lourde mais addictive, et la fin, géniale. Elle n’explique pas tout, mais ce n’est pas gênant. Apparemment, ce livre serait le premier d’une série de 12 romans, et j’ai hâte de tous les découvrir.

Note : 20/20

Personnages : 5/5

Scénario : 5/5

Plume de l’auteur : 5/5

Ressenti : 5/5


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Murray n’avait que deux positions. Soit il gueulait, ce qui signifiait qu’il était en colère, soit il parlait doucement, ce qui signifiait que la colère n’était pas loin.


Paddy’s Market était situé sous les arcades de la voie ferrée, au bord de la Clyde. C’était le marché de ceux dont les enfants n’avaient pas de chaussures et dont le dîner se limitait à des tartines de confiture, ou à une portion de frites s’ils avaient de la chance. Ils étaient encore nombreux à Glasgow ; pour eux, pas de HLM flambant neuf ni de télé couleur en location. C’était là qu’ils venaient tous les vendredis acheter et vendre des morceaux de biscuits dans des sacs plastique, des voilages déchirés –n’importe quoi. Paddy’s était une sorte de grand magasin perverti : on y trouvait de tout, mais rien qui fasse envie.
Se faufilant entre un type au visage ensanglanté criant dans le vide et un vendeur au landau remplit d’allume-feux volés, McCoy passa sous les arches, à l’abri de la pluie. Là, les emplacements étaient payants, c’était donc la zone des produits haut de gamme : tabac volé, costumes d’hommes morts puant la sueur et la naphtaline, pièces de moto, écharpes de fourrure raidies par les années. Les produits de qualité. La frontière était très nette. Il y avait sous les arcades et dehors sous la pluie. Deux mondes bien distincts.


Il se surprit à dire une prière pour elle à voix basse. Il n’y a pas d’athées dans les tranchées.

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