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Chronique livresque n°38 : Les Hauts de Hurlevent (Emily Brontë)

Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t’ai tuée, hante-moi, alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi… prends n’importe quelle forme… rends-moi fou ! mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver. Oh ! Dieu ! c’est indicible ! je ne peux pas vivre sans ma vie ! je ne peux pas vivre sans mon âme !

Le Fan art de la couverture de l’article est signé NikeMV, vous pouvez le retrouver : ici.


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A46486(1)Titre : Les Hauts de Hurlevent

Auteure : Emily Brontë

Édition : Folio Classique

Date de publication : 24 septembre 2015

Nombre de pages : 624

Prix : 5.90€

Résumé : Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent. Le fils Hindley n’accepte pas cet enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu’opposés. Heathcliff devient un homme sans scrupule, qui jure de se venger des deux hommes ayant empêché le déploiement de son amour : Hindley, le frère ennemi, et Edgar, le mari de Catherine. La destruction de ces deux familles et de leurs descendances constitue alors son seul objectif. Dans les paysages sauvages et immuables des landes du Yorkshire, les déchirements sont nombreux, et cohabitent dans une passion extrême et des tourments destructeurs…


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💔 Pourquoi avoir lu/acheté ce livre?

Tout d’abord parce que j’avais lu la BD (version courte) dans la revue ‘Je bouquine’ quand j’étais plus jeune, et que je me rappelais avoir adoré. Ensuite, parce que j’avais vu le film (avec Tom Hardy), et du peu de souvenirs que j’en avais, c’était plutôt génial. Ensuite, parce que c’est le livre préféré de ma sœur et mon amie Julia, et qu’elles m’ont harcelée pour que je le lise. C’est chose faite, et je les en remercie! Ce livre est officiellement un énorme coup de cœur, et je m’excuse d’avance pour la chronique confuse qui va suivre. J’ai été la première étonnée, car je ne lis pas de classiques, je ne l’ai lu que pour la forme au début.. Je ne sais pas par quoi commencer pour rendre à ce livre, autant d’honneur qu’il le mérite.

🎩 Style d’écriture

La plume d’Emily est particulière. Délicate, légère c’est une plume, mais une plume qui vous détruit. Qui casse tout sur son passage. Un véritable volcan qui vous tordra dan tous les sens, vous fera passer de la joie à la frustration, de la colère à la pitié, du chagrin à l’amour.. Emily ne nous a pas offert l’histoire d’amour qu’on pouvait désirer, elle nous a offert ce qu’elle avait, dans un monde à la réalité sombre et pleine de passion.

💔 Histoire et personnages

L’histoire commence au début du XIXe siècle, lorsque que Mr Lockwood, le nouveau locataire de la Grange (grande et belle demeure perdue dans les landes Anglaises). Il vient voir son propriétaire, une visite qui ne le laissera pas de marbre. En effet, il rencontrera un bien curieux personnage : Mr Heathcliff. Suite à cette étrange rencontre, Mr Lockwood demandera à sa femme de charge (dame qui s’occupe de l’entretien de la Grange) de lui raconter l’histoire singulière de cet homme et de sa famille.

Le récit commence lors d’une journée glaciale dans les landes. Mr Earnshaw doit entreprendre un voyage vers Liverpool et demande à ses deux enfants, Catherine (appelée Cathy) et Hindley ce qu’ils souhaiteraient comme cadeau à son retour. Cathy demande donc une cravache (pour le cheval) et Hindley un violon. Des jours plus tard, leur père revient les bras chargés, mais sans les précieux présents. Il revient avec un petit garçon des rues, qu’il nommera par la suite Heathcliff. Si ses relations avec Hindley et Mrs Earnshaw resteront toujours très compliquées, celle avec Mr Earnshaw se passera très bien. Quant à Cathy, qui détestait au début le jeune sauvageon, elle finira par très vite l’apprécier et bien plus encore.

Heathcliff est un enfant compliqué, mal aimé, sauvage, qui ne connaitra que deux passions : l’amour et la haine. Ce sont d’ailleurs les seuls sentiments qu’il aura, la haine étant bien plus présente. Son seul amour est et restera Cathy, on ne sait pourquoi, mais le cœur a ses raisons. C’est un garçon sombre, sarcastique, égoïste, et surtout, extrêmement rancunier. Tout au long de sa vie, son seul dessein sera de se venger de ceux qui l’ont offensé. Cette vengeance se tournera principalement vers Hindley, Edgar Linton (son voisin et propriétaire de la Grande à l’époque) et leurs descendances.

Cathy est une enfant capricieuse, mesquine, sauvage et pleine de rires. Elle est capable d’obtenir absolument tout ce qu’elle veut. C’est une personnage orgueilleuse, habituée à un confort matériel qui l’obligera à choisir entre train de vie et amour.

Les personnages d’Emily sont tous d’une manière ou d’une autre sombres et torturés. Elle prend un malin plaisir à nous briser le cœur, à nous refuser la fin heureuse attendue. C’est une auteure sans pitié, sans cœur pour ses lecteurs. Elle est d’une sincérité qui coupe le souffle, ses mots sont dures, vrais, justes. L’histoire est sombre, belle, délicate, glaciale, et les personnages, aussi appréciables que détestables. J’ai adoré Heathcliff et Cathy, j’ai eu pitié de Hindley et Edgar, je n’ai pas aimé Isabelle et Catherine, j’ai beaucoup aimé Nelly, mais j’ai abhorré Linton. Ce gamin mériterait d’être secoué comme un prunier. Capricieux, orgueilleux, égocentrique et égoïste, il finit rapidement par nous taper sur le système, et j’avoue avoir prier plus d’une fois l’auteure de nous débarrasser de ce petit avorton.

EN BREF: C’est un livre à lire absolument, un classique qui vaut le détour. Une histoire hors du commun hante ces pages, et on se retrouve happé dans l’histoire virulente de Heathcliff et Cathy, au beau milieu d’une passion dévorante et semée d’embûches. J’ai adoré les personnages (sauf Linton « Jr »), et le dénouement de toute cette histoire. La fin tombe juste, et on se retrouve à espérer que tout le monde soit désormais en paix. C’est une histoire d’amour tragique sans précédent, tragique, terrible, torride, tordue, mais magnifique.

🎩 Note : 20/20

Plume de l’auteure : 5/5

Scénario : 5/5

Personnages : 5/5

Ressenti : 5/5


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Je ne lui dis jamais « mon amour » en paroles ; pourtant, si les regards ont un langage, la plus simple d’esprit aurait pu deviner que j’étais amoureux fou.


Tu dis que je t’ai je t’ai tuée, hante-moi, alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erre sur la terre. Sois toujours avec moi… Prends n’importe quelle forme… Rends-moi fou ! Mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver. Oh ! Dieu ! C’est indicible ! Je ne peux pas vivre sans ma vie ! Je ne peux pas vivre sans mon âme !


Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l’hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessité. Nelly, je suis Heathcliff ! Il est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être. Ainsi, ne parlez plus de notre séparation ; elle est impossible […].


Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerais d’exister; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l’univers me deviendrait complètement étranger, je n’aurais plus l’air d’en faire parti.


Les gens orgueilleux se forgent à eux-mêmes de pénibles tourments.


Vous m’apprenez maintenant combien vous avez été cruelle… cruelle et déloyale. Pourquoi m’avez-vous dédaigné ? Pourquoi avez-vous trahi votre propre coeur, Cathy ? Je ne trouve aucun mot pour vous consoler. Vous méritez ce qui vous arrive. Vous vous êtes tuée vous-même. Oui, vous pouvez m’embrasser et pleurer, vous pouvez me tirer des larmes et des baisers, vous n’en serez que flétrie… damnée. Vous m’aimiez… quel droit aviez-vous alors de m’abandonner ? Quel droit ?… répondez-moi…

Une musique sympa à écouter pour accompagner la lecture :

 

 

amandine

4 commentaires sur “Chronique livresque n°38 : Les Hauts de Hurlevent (Emily Brontë)

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